jeudi 16 novembre 2017

PAÏ



Cela fait maintenant deux nuits, que je m 'endors en pensant à toi, et à tout ce que je ne t 'ai jamais dit, à tout ce qu' il faudrait que je te dise.
Une amie à moi a perdu son papa , voilà deux jours, et... la vie ne tient qu 'a un fil, alors ces mots, que je t ' écris, sont pour moi importants, parce que je me dis que la vie est trop courte, pour qu' on ne se dise pas que l' on s aime de son vivant.

Quand j' avais 5 ans, ou 6 ans, je ne sais plus, tu es rentré dans ma vie, par la porte des artistes, parce que c 'est surtout dans la vie de Maman que tu es rentré.
Et puis, petit à petit, tu es devenu celui qui m' a élevé, malgré la présence de mon père de temps en temps, c 'est toi que je voyais tous les soirs en rentrant de l 'école. Tu es devenu un point stable dont tous les enfants ont besoin pour se construire.

Des bêtises j' en ai fait: J' ai colorié sur ton beau blouson de cuir beige, et mes dessins ne sont jamais partis, comme si déjà je ne voulais plus que tu m oublies. Des mots mal-avisés, des attitudes inadéquates à des moments où tu ne supportai pas  le chemin que prenait nos vies, un rire qui s 'était échappé de ma bouche alors que nous déménagions maman, ma soeur et moi, parce que votre couple avait besoin de prendre un souffle. Peut être savais je deja que ce n était pas un adieu, et que de ma vie tu ferais toujours partie.
Des bêtises j' en ai fait, envers toi, envers maman, envers les gens que j' ai aimé, et qui m' ont aimé.
Mais je suis adulte maintenant, et je me rend compte que ces bêtises m' ont fait grandir, avec un peu plus de maturité maintenant, un peu plus de culpabilité pour ces moments indiscrets, et douloureux.

Tu as été, et tu es encore, un rocher dans ma vie d adulte, et je ne veux pas que ça change.

Je me rend compte que des souvenirs, j' en ai plein la tête, des bons moments, comme des mauvais, mais je pense que c 'est normal dans une relation parents / enfants.

Je me souviens des dictées irréalisables sur fond d 'astérix et obelix, d' albums de tintin.
Je me souviens de crises de paniques en allant au ski quand tu nous disais qu' il ne fallait pas que l' on s' attache dans la voiture car sinon nous ne pourrions pas sortir de la voiture si nous faisions une embardée dans un fossé.
Je me souviens de ces petits pains frais  lors de nos vacances au Portugal que tu nous ramenai tout les matins, je me souviens des parties de crapette en Espagne...
Je me souviens comment tu me faisait tournoyer dans les airs, alors que je n' avais même pas 10 ans, et que nous impressionnions tout le monde lors des mariages ou autres, parce que nous 2, nous faisions du vrai rock acrobatique. Déjà je te faisais éperdument confiance, je savais que tu ne me laisserai jamais tomber... Et puis un jour, j ai compris qu' on voyait ma culotte, je t ai dit que je ne voulais plus le faire. Tu n' as pas posé de questions, tu as compris, et tu as entendu et tu ne m' a plus jamais redemandé de le faire, alors que je sais bien que tu adorais, et que tu étais fier lorsque nous le faisions.
Je me souviens aussi des nuits de panique, quand votre projet d enfant à deux n aboutissait jamais, et que maman était malade. Et des efforts que tu devais déployer pour ne pas que nous nous inquiétions ma soeur et moi;
Je me souviens de ton oreille collée a ma porte en pleine nuit, lorsque j' étais malade, pour savoir si je dormais bien.
Je me souviens de tout ça ...

Et puis je me souviens de notre marche lorsque c 'est toi que j' ai choisi pour aller à l église. Tu m' a pourri ma marche en chantant du queen, sur ma jolie musique classique. Ta façon a toi de lutter contre le stress et l' émotion.  Saches quand même que je n aurai jamais accepté que quelqu' un d autre m amène a l Autel.

Depuis  presque 30 ans, c 'est toi qui ne dors pas quand j' ai un souci, c 'est toi qui stresse sans me le dire quand tu vois que ça ne va pas, alors que mon père lui, je te l assure, dors sur ces deux oreilles.
Depuis presque 30 ans, tu as fait de ma vie une vie un peu meilleure, où j' ai appris que je faisais partie d une famille. Même si tout ces membres n ont pas le même sang dans leurs veines.
Depuis presque 30 ans, je dit que tu es insupportable a vivre, et que tu me fatigue des que je pose les yeux sur toi, mais je ne voudrais changer ça pour rien au monde.

Ces mots ne sont peut être que des mots, mais ils sont sincères, et je sais bien que nous ne pourrons pas parler de cette lettre... trop de pudeur, trop de gêne, trop d émotions qui ne sauront pas être contenues.
Alors ces mots, je te les écrit, parce que moi aussi je ne saurai pas comment réagir, et peut être parce que ta pudeur envers tes sentiments en général, et vis a vis de nous, sont pour moi intégrés, digérés, et surtout compris.
Tu serais même capable, je le sais, de me dire juste combien de fautes d orthographe seront présentes dans cette lettre, juste pour me dire " je l' ai lu, et bien lue, ne t inquiètes pas".


Alors PAÏ, restes tel que tu es, continues a être mon roc, mon phare , la personne qui est dans ma vie un repère parental.  Même si on ne se voit pas souvent, ou que nous n'avons pas des conversations poussées, je sais que tu es là.
Restes celui qui m a élevé, avec beaucoup de patience, et beaucoup de sentiments non dévoilés, beaucoup de pudeur.

Et surtout, saches que je ne te remercierai jamais assez.
Parce que j' ai peut être un père, quelque part en France, qui lui, ne soucie pas de moi,
Mais je n' ai qu' un seul Papa, et c 'est toi.
Merci pour tout ça.



Joséphine 2

Le texte qui va suivre est une suite du texte appelé "Joséphine", publié sur ce blog le 09 septembre 2016 visible en cliquant  ici     



    Alors que Roselyne vient de passer la porte pare feu, j' accélère le pas afin de profiter de l' ouverture qu' elle offre à moi.
Le vestiaire...
Comme tous les vestiaires que j' ai pu voir dans les divers hôpitaux où j' ai fait mes stages à l' école d 'infirmière, les casiers sont hauts, certains sabots jonchent le sol, et d' autres s' alignent sur le haut des casiers. Je n' ai jamais compris pourquoi, mais il y a toujours plus de sabots que de casiers, comme si les gens les collectionnaient. Des cintres sont suspendus n' importe comment a certains casiers, et d 'autres sont bien rangés sur un portant. Un lavabo avec un miroir cerné de lumières, comme dans les loges des artistes dans les grands théâtres nous renvoie sa lumiere agressive. Sur le rebord traînent 2 ou 3 déodorants, qui côtoient du savon doux a usage hospitalier et du gel hydroalcoolique.
L' odeur est forte, mélange de sueur, de parfum, et d 'odeur de pied.
Roselyne me regarde, un sourire aux lèvres :
« -voila... c 'est notre royaume ! Ton casier est là ! On a pas de cabine par contre... ici tout le monde connais les fesses de tout le monde !!
-heu... ok »

      Je m' approche de mon casier, il grince quand je l' ouvre, mais je l' aime bien deja.
C 'est mon casier.
Mon prénom est marqué dessus.
C 'est la première fois que j' ai un casier avec mon prénom dessus. Ça me fait quelque chose.
J' entreprend de sortir de ma poche mes effets personnels, mes sabots, mon déodorant, un briquet, ma montre, mon stéthoscope, et mes stylos.
Je m' habille, en essayant de ne pas faire attention à Roselyne qui me tend des œillades curieuses.
Lorsque je me glisse enfin dans mes sabots, le stress a disparu.
Mes sabots m' ont toujours fait cet effet là : C 'est comme si ils étaient le rempart entre mon moi et mon moi infirmière. C 'est comme ses personnages de conte de fées qui deviennent quelqu' un d 'autre quand ils passent un vêtement particulier. Moi c 'est mes sabots fleuris.

Je suis Roselyne, le couloir est long, et je vois des noms sur chaque porte que nous dépassons. Enfin nous débouchons sur une grande salle, parée d 'immenses baies vitrées qui nous donnent un spectacle époustouflant sur la chaîne des Pyrenees.
« -Ouaou ! C 'est la salle de déjeuner ?
-ho ma cherie, c 'est la salle pour tout ici !!! on a que celle la, mais c 'est vrai qu' elle vaut le coup !!! allez, suis moi, on est bientôt au bureau infirmier ».

Quelques metres plus loin, donnant sur la grande salle, un bureau vitré est eclairé. Roselyne me laisse passer en premier :
« - Hey !! ls filles ! Regardez qui je vous amene là !!! »
c 'est alors que je vois, autour d' une table au fond du bureau, des femmes, toutes avec un mug fumant dans leurs mains, qui levent les yeux sur moi.
Elles sont six. Deux d 'entres elles viennent de faire la nuit. Je le vois a leur visage tiré, et a leur coiffure defraichie. Toutes me sourient.
«  - bonjour !  Enchantee !
-Tu dois etre Josephine Beaulieu ? La nouvelle infirmière ?
- Oui, c 'est moi.
- Parfait tu arrives pile poil a temps pour les trans !
- Super ! Vous avez une feuille par la, pour que je prenne des notes ? »

Une jeune femme d 'a peu prés mon age tend la main vers le centre de la table où des feuilles et un pot a crayon trônent. La plus âgée de toute, les cheveux blancs ébouriffés, se lève avec un bâillement, et se dirige vers ce qui semble etre une cafetière.
« - je pourrai pas aligner 2 mots tant que j' aurai pas une rallonge de café dans ma tasse ! Josephine ? Tu en veux ? 
-Oui merci ! »

Et voilà... en 2 minutes, je me retrouve assise a une table, le mains autour d 'un café fumant, et j' écoute mes nouvelles collègues se faire les transmissions.


               Trois heures plus tard, j' ai réussi a distribuer les médicaments, tant bien que mal, autour du petit déjeuner. Heureusement mes collègues m' aident a me dire qui est qui. Je sens le regard de Roselyne m' envelopper de temps en temps...ca me rassure parce que je suis lasse de demander aux collègues, déjà occupées, de m' indiquer qui est qui. Il faut vraiment que je me trouve un trombinoscope. Ils ne sont pas nombreux dans mon aile, mais je crois que je vais avoir un peu de mal avec les noms et prénoms.
A part Roselyne, je n' ai réussi a retenir que le prénom d' une aide soignante, Irma. C 'est bête mais le prenom sors tellement de l’ordinaire et lui colle tellement a la peau, que pour une fois je n' ai pas eu de mal a l' intégrer.
Une fois le chariot des pilulier vérifié pour m' assurer d avoir donné leur traitement a chacun des residents, je souffle un coup. J' ai chaud.
Mes 3 autres collègues infirmières avaient fait en sorte de ne pas me laisser de prise de sang ce matin. Tant mieux ! Je ne sais pas si je m' en serai sortie...
Je deteste les premiers jours.
Je n' aurai jamais pu faire interimaire. Je suis trop fragile dans ma confiance en moi en tant qu'infirmiere. Avoir le diplôme c' est bien joli. Être une infirmière c 'est une autre paire de manche.
Et puis, je devais aller aux urgences moi... pas le même rythme, pas le même job, pas la même population, pas le même stress... mais toujours à coté d 'un médecin, jamais lâchée dans la nature a devoir prendre des décisions dans l' urgence.
Je déteste les premiers jours.
Tu ne sais jamais où sont rangés les dossiers, les médicaments, le matériel. Tu ne sais même pas a qui tu as a faire.
Je déteste les premiers jours.
Mais là ca va quand même. Mes collègues ont le sourire, se préoccupent de moi et m' aident.
Oufff...
La matinée ne fait que commencer ceci dit... j' ai du pain sur la planche...

vivement tout a l' heure... que je plonge mes doigts dans le poil soyeux de Poilu, mon chat, ca voudra dire que j' ai survécu a ma première journée...

lundi 13 novembre 2017

L' amitié, cette p**e.

Bon, j' avoue je suis pas une experte en la matiere.
J' ai pas eu d' amie pendant les premieres 17 premieres annees de ma vie.
Et un jour, paff, comme ca, coup de foudre amical sur les bancs de la FAC de droit... Ma prunelle etait entree dans ma vie.
Et puis, petit a petit, c 'était comme si je m' ouvrais au monde extérieur, comme si un coté asocial de ma personne se délitait.
Ou, comme je l' ai compris il y a peu, comme si le décalage surement dû a une " précocité" s 'estompait, et que je rentrais enfin dans la case "normale".
Bref, tout ca pour dire, que je ne suis pas experte dans l' amitié.
Aujourd'hui je compte mes amies sur les doigts d 'une main.
Point.
Final.

Ce soir j' ai envie d 'écrire parce que franchement, l' amitié c 'est une sale p**e.
Pour moi du moins, et par moment.
Alors attention hein, je ne regrette pas mes amies, je les aime. Vraiment.
Je les aime.
Avec un grand A.
Parce que je suis comme ça.
Je donne tout.
Mon cœur, mes muscles, mon air, mon oxygène, ma liberté si il le fallait.
Je suis comme ca.
Je suis entiere. Et quand je donne mon amitié. Je pourrai aller jusqu' a la lune si on me de demandait.C 'est à la vie, à la mort. Pour moi.

Mais ce soir je me dit que l' amitié, c 'est une belle saloperie par moment, parce qu' elle te fait culpabiliser, de pas savoir quoi dire, quoi faire.
Je sais toujours pas, malgré mes efforts, comment me positionner par rapport a certaines choses.
Je suis l' amie qui s 'inquiète pour les parents de ses amies par exemple. Mais qui ose pas le dire parce que c 'est pas trop mes oignons non plus si on m' en parle pas.
Je suis l' amie qui a 21 h, a une crise d 'angoisse sur le fait que peut être le mot qu' elle a utilisé a 8 h le matin était pas le bon, et qu' elle a peur d 'avoir blessée l' autre. Je n' ai pas ce genre de réaction en ce qui concerne mes relations avec mon mari. C 'est quoi mon problème?
Je suis l' amie qui pense pas mériter ce genre d' amitié.
Parce que, honnêtement, j' ai fait quelque chose pour le mériter ça?  L' amour amical? je suis quelqu' un de banal, dans un corps banal, avec un coeur banal, et une vie banale.
Mais je suis l' amie qui ne le leur dira jamais. Parce que c 'est trop de pression tout ca.

Mais ce que je comprend,  avec le temps, c 'est qu' en fait, dans toute relation humaine, il y a, comme chez les animaux, un dominant et un dominé.
Je suis définitivement une dominée.
Je subi mes relations aux autres, amies, ou pas. Peut importe. Je m' expose SANS ARRÊT et j' ecoute SANS ARRÊT le jugement de l' autre, espérant surement, inconsciemment, y trouver de l' approbation, du sentiment positif.
Je suis dans l' extrême. Je suis exclusive. Quand je donne je donne tout. quand je donne la confiance ou l' amour je donne toute ma confiance, tout mon amour.
ET je me transforme alors en une personne si vulnérable.
Si vulnérable.
C 'est tellement facile après... d 'abuser de ma vulnérabilité, de mon amour, de ma confiance.

J avais une amie. Le Mimosa.
Mon dieu, je l' aimais.
De tout mon cœur. Un pilier de ma vie.
J' etais la marraine de son fils.
Une fierté, si vous saviez.
Un jour, une histoire que j' ai racontée a été mal interprétée, déformée, et amplifiez par l' homme quelle venait de rencontrer, elle m'a coûté mon amitié .
Je n' ai pas eu le droit de m' expliquer. Je n' ai pas eu le bénéfice du doute. J' ai juste été... éjectée... proprement et simplement.
Mon dieu, qu' est ce que j' ai pleuré.
Mais je n' ai pas lutté.
Je suis une dominée.
Je subi.
Je ne dis rien.
Parce que là, au fond, j' ai le sentiment de ne pas mériter.


Aujourd’hui je fête mes 35 ans.
J ai eu mes amies au telephone. Je suis comblee.
Et je rumine depuis quelques jours, parce que, je me rend compte maintenant, du haut de mes 35 bougies que je suis fatiguee d etre aussi vulnerable dans mes sentiments, dans ma confiance en moi, dans ma confiance aux autres.
Je suis tellement exclusive, que si un grain de sel vient s 'interposer, je me sens comme au bord d 'une falaise sans fond. Je me sens comme sur le point de perdre tout comme j' ai perdu mon mimosa.
Je ne me sens pas le droit d avoir la tete haute.
Parce que l' amitié, cette p**e, je la subi, comme si d 'avoir des amies, c était une faveur que me faisait la vie. Comme si elles me faisaient une faveur en me faisant exister dans la leur.
C 'est con quand meme... parce que elles ont choisi cette amitié autant que moi. Sinon ca n' aurait ete que des connaissances, ce n' aurait pas matché a ce point. Elles ne seraient pas capables de finir mes phrases comme elles le font.

Du haut de mes 35 bougies, je me trouve pathétique. De ne pas croire etre une assez bonne personne pour pouvoir meriter les amies qui me font le bonheur d etre dans ma vie.
Je me trouve pathetique de ne pas avoir le courage de leur dire que j' ai peur de les perdre.
Je me trouve pathetique de ne pas savoir me positionner, de ne pas reussir a leur dire que tout venant d 'elles est d une importance si capitale...
Je me trouve pathetique...



mardi 17 octobre 2017

Et un jour...

Et un jour, ta main dans la mienne, nous serons invincibles.

Nous irons défier le monde, et nous regarderons , la tête haute, le chemin que nous aurons parcouru.
Nous irons défier le passé, avec ses blessures, et ses souvenirs, et nous irons defier le futur, avec ses promesses et ses doutes.

Et un jour, je serai ta maman... et, ta main dans la mienne, nous ouvrirons les yeux sur un monde nouveau.
un monde où nous aurons appris l' un de l' autre.
Un monde où petit a petit j' aurais su t 'apprendre le don d' amour, et non l' a ban don.
un monde ou petit a petit, tu auras su me rassurer sur la femme que je suis, mes convictions, mon désir de mère.

Et  un jour, tu seras là, dans chaque fibre de mon cœur, de mon corps. Et je serai, enfin, entière.

Et un jour, tu comprendras....  que je suis déjà mère, mais... il me manque toi.
Pour boucler la boucle, pour être Entière, pour que l' Histoire débute vraiment.
Parce que, même si je n' ai que deux mains, mon cœur a de la place pour 3. Et ton frère et ta sœur, ne comblent pas ta place. Mon coeur est plein aux 2/3.
Et  un jour, je serai"pleine". De vous.
Mes enfants.


Et un jour, ta main dans la mienne, nous serons invincibles.
La culture, la langue, le jugement, la peur, rien n' aura plus vraiment d 'importance. Nous trouverons les solutions, avant même que se posent les problèmes.
Je suis confiante.
Parce que je crois sincèrement que tout  ira pour le mieux. Et que tout sera fait pour le mieux.
Pour toi, pour ton frère, pour ta sœur, pour nous.
Parce que toi, ton frère et ta sœur, et nous, tes parents... nous serons un. Une famille... enfin au complet.
Et que, un jour, ta main dans la mienne, nous irons défier le monde entier.


mardi 3 octobre 2017

L'espoir qui perd pied

Je pensais que je gérais...
L' attente, la projection,
L' échéance...

Je pensai que ça irai,
Que le fait de lire des témoignages, que de les entendre, et de les comprendre, me faciliterai mon aventure.

Je pensai vraiment, sincèrement, que ça irai.
T' inquiètes je gère.
J' ai des objectifs à court terme. Ça fait du bien au moral.
J' ai des coupures, du partage, du réseau social adoptant.
T inquiètes je vais gérer.

Et puis voila.
Je perd pied.
Plus d 'objectifs à court terme,
Plus de sensation d 'être actif.
Ça y est.
L' attente, longue, dure, solitaire,
Les questions, longues, dures, solitaires, pragmatiques.
La solitude, dans la l' attente.
La peine à se projeter, parce qu' il n' y a plus d 'objectif palpable, maintenant c est le coup de téléphone, mais je ne sais ni quand, ni ou. Pas d écheance notée sur un calpin.
L' espoir d 'une personne positive qui se transforme en désespoir d 'une personne impuissante.
Le sentiment de l' incompréhension, qui se referme petit à petit, sur chacun des pores de ma peau.
La présence de ton mari, de tes amis, de ceux que tu croises, qui n' arrivent pas à te rassurer, ou du moins à te faire comprendre qu' il faut lâcher prise.

Mais avant de lâcher prise, faut il savoir a quoi on prend prise...
Je me suis raccrochée à du vent. A des promesses, à des bouts de papiers.
Je me suis raccrochée à des personnes inconnues,
J' ai cru en leur bienveillance.

Mais la bienveillance, ma pomme, ça n' existe pas vraiment dans ce monde là. Même si l' intention y est, personne n' est dans ta peau, ton cerveau. Toi seule vis ton aventure.
Mais les promesses, ma pomme, ce ne sont que des mots, qui s 'envolent.
Mais ce que tu entend la bas, ma pomme, ton cerveau n 'en fait que ce qu' il veux.
Mais les gens que tu croise la bas, ma pomme, ils ne sont pas positifs, ou plein d' espoir, comme toi. Ils se protègent souvent par l' idée du pire, c 'est leur fonctionnement. Et que ça te détruise à toi ce fonctionnement, ce n' est pas leur faute.
Mais ton aventure, ma pomme, elle est totalement subjective, personne d 'autre que toi ne la vivra comme toi.

Et je perd pied...
Parce que mon positivisme s 'est émoussé, parce que je ne sais plus quoi croire, qui croire,
Parce que je n' arrive plus à me projeter, parce que j 'ai perdu mon espoir.

Parce que mon cerveau n' arrive pas à intégrer,  à visualiser, à projeter plus loin.

Parce que ma résilience a des limites.
Parce que ma résilience fonctionnait tant que j' avais un sentiment de contrôle, même illusoire.
Je n' ai plus de contrôle, et le peu que je pensai avoir, je ne l' ai plus.

Lâche prise ma pomme.
Décroches toi, et profites.

Mais comment pourrais je décrocher? mais comment pourrais je lâcher prise quand toutes ces annees ont été si pleines de luttes?
Mais comment faire confiance? garder espoir? y croire? quand rien, non, RIEN ne me raccroche a la réalité de mon projet?
Profiter? mais de quoi? de mes enfants? mais je profites déjà d' eux. " De faire du ménage"... pendant 1 an je ne devrai pas lâcher mon aspi? " De peaufiner", de peaufiner quoi?

Je ne sais rien, je ne saurai rien, je n' entend rien, je ne dis rien, je ne fais rien, je ne projette plus rien,
C 'est comme si, d 'un coup, ça n' existait plus.
C 'est comme si j' avais reçu un aller/retour sur mes joues.
Je sais bien que ça existe, mais je dois le laisser "non exister" pour une période que je ne sais pas si elle sera longue ou courte. Il faudrait que je me dise qu' elle sera longue, me calquer sur le fonctionnement de ceux qui arrivent a se projeter si loin... Mais je ne peux pas. Ce n' est pas moi. Moi mon projet, ma vie, elle tourne autour de l' espoir.

Ma prunelle qui me dit " tu te sens dépossedée".
Voila.
C 'est ça,
Depossedee parce que le fait de devoir lâcher prise, ça me dépossède de mon projet, de mon enfant, de mon espoir.

voila...

Il ne me reste qu' à me dire que chaque matin que je verrai se lever sera un matin de moins à t' attendre.
Il ne me reste qu' à me dire qu' il y a un an, je ne savais même pas que tu serais au bout du chemin.
Il ne me reste qu' à me dire que même si je ne vois pas le bout du chemin, il sera un jour derrière un virage.
Et, en attendant, il faut que je continue marcher. Même si la route me parait si longue, si solitaire...


... Pas si facile...


vendredi 22 septembre 2017

L' enfant, le pére et la dignité...

Au détour de mon blog, je tombe sur des articles, non publiés,ecrits il y a des mois...
 et j' ai choisi aujourd’hui de vous en publier un:



Cela va faire une semaine maintenant,que je m' applique a mettre un mouchoir sur cette question, que je me force presque a mettre la question de coté... non, j' y reflechirai plus tard, non ce n' est pas important, j' ai vécu jusqu' a maintenant sans problème avec ca... une semaine de plus ou de moins, ce n' est pas grave!
Et puis, je me dit, non mais quand même, si tu as démarré cette démarche, de sortir ce que tu as de plus profond là, au creux du ventre, si tu as décidé de découvrir les mouchoir que tu as gentiment superposé sur tes plaies intérieures, ce n' était pas juste pour regarder comment elles se trouvaient, mais peut etre pour essayer de les guérir... ou du moins essayer de les guérir.
Alors voila, je prend mon ordinateur ce soir, les enfants et le mari calés devant la tele, me voici là afin d' essayer de demeler la reponse que j' ai donné à cette dame, inconnue, qui m' a posé une question qui, comme un coup de tonnerre dans ma paix intérieure, m' a coupé le souffle, et mis un océan de larmes à mes yeux.

Et vous? qu' en est il de votre dignité face à votre père?

Premier mot, qui me saute au visage, qui se forme dans mon cerveau: AUCUNE.

Son sourcil se hausse, son oeil est interrogatif, elle ne comprend pas.
Alors je doute, de quoi aucune? pourquoi se mot est sorti sans réfléchir? j' essaie de m' expliquer, Mais je vois bien que je me noie dans cette réponse. Peut être que la dignité n' est pas ce que je pense. Ai je une bonne définition de ce mot?

Alors voila la dignité c est quoi?
Pour le larousse, c 'est
 "1.Respect que mérite quelqu'un ou quelque chose : Ces sévices sont une atteinte à la dignité d'un être humain.
2.Attitude empreinte de réserve, de gravité, inspirée par la noblesse des sentiments ou par le désir de respectabilité ; sentiment que quelqu'un a de sa valeur : Refuser par dignité de répondre à des insultes par des insultes."

Pour moi la dignité ne se définissait pas, c 'était un état. Quand je disai que je n' avais aucune dignité face a mon pere, et plus généralement face a mes parents, je me voyais comme un enfant, dans sa plus grande humilité face a ses parents. Ceux qui lui ont donné la vie, et ceux qui l' on crée, un enfant qui doit sa vie a 2 autres êtres humains.

Aucune dignité face a mes parents, moi, nue comme un vers, dans mon esprit et physiquement. Et mes parents face a moi. Et, non, aucune dignité, mais je n' en souffre pas. Parce que pour moi, les parents ont un regard bienveillants sur leurs enfants, aucune lutte, aucun moment de doute, et l dignité ne se joue pas, pour moi, dans les relations enfants / parents.
Et a coté de ca, justement ils m' ont crée, dans mon plus simple appareil, et l' humilité d' etre leur enfant justifie t elle que je ne pretende pas a un minimum de  bientraitance? que je ne me rebelle pas contre l' irrespect?

Ma soeur a des souvenirs que je n' ai pas. Elle m' avoue que je n' ai jamais eu droit a de la dignité de la part de mon pere. Une maltraitance verbale et physique averee.
J' ai mis un mouchoir bien plus epais sur cette abscence de dignité.
Je sais que je n' ai pas vecu dans un monde rose couleur barbe a papa. Mais je ne me souviens pas avoir ete transformée en serpillere.
Ne me reste que ce mot, AUCUNE, a la question qu' elle m' a posé il y a une semaine...
Ne me reste que ce mot AUCUNE... qui ressort des trefonds de mon cerveau, de mon sunconscient surement, de mes plaies psychologiques enfouies bien profondements.
Ne me restent que ces mots, couchés aujourdhui sur mon clavier, et cette volonté de comprendre pourquoi je n' arrive pas concevoir de lever le poing devant mes parents en ce qui concerne le respect qu' ils me doivent, en tant qu' etre humain, en tant que leur fille.
L' une des premières images qui me sont venues a l' esprit alors que j' essayer de demeler cette épineuse question, étaient dans un hopital, moi, allongée, nue, mal en point, tabassée, malade, mourante. Et mes parents, ne regardant pas ce physique, ne regardant pas le mauvais, mais ne voyant que le bien de ma personne.
Mes parents dans un regard bienveillant, de parents, de deux personnes qui ont donné la vie.
Et aucune lutte, et moi, n' etant pas génée par la nudité, par le tabassage, par la maladie. Moi, sachant que les deux personnes se tenant devant moi ne voyait que moi. Et pas le reste.
S' agit t il de dignité? d' humilité? de confiance aveugle? de pudeur? de reve?
En visualisant ces images, ne serais je pas en train de mettre une image sur une realité qui serait bien différente. Un reve éveillé? ces images ne seraient t elle pas un nouveau mouchoir que j' essaie de mettre sur une cicatrice bien réelle elle. Je m' invente un reve, une image de paix, et de respect de la part de mon pere envers ce que je suis a l' origine, son enfant.
Mais je le sais bien, jamais cette situation de ne se presentera, celle ou mon pere me regarderait avec une bienveillance a l' epreuve de tout. Une bienveillance inconditionnelle. Depuis que je suis sortie du ventre me mere, j' ai toujours du lutter pour dignité. J' ai du lutter pour rester debout. Sans arret, et surtout face à lui.

Alors, il serait peut être temps pour moi de voir les choses en face, oui, je n' ai aucune dignité face a mon pere. Mais pas pour les memes raisons que je voulais évoquer au début.
Je n' ai aucune dignité face a mon pere, parce qu' il la pietinné consciensieusement depuis ma naissance à aujourdhui. Par les mots, par la negligeance, par l' abscence, par l' ignorance.

La question qui se pose maintenant; suis je prete à lutter pour récupérer ma dignite vis a vis de mon pere?
Honnetement, non, je n' ai pas envie de le faire.
Je n' ai pas envie d aller au combat.
Je n' ai pas envie de lutter pour sauver une dignité face a quelqu' un pour lequel je n' existe plus. Et qui n' a aucune place dans ma vie actuelle.

J,ai une vie pleine de dignité, où on me respecte, dans ma vie professionnelle, dans ma vie personnelle, dans ma vie de parent. Je respecte les personnes qui m' entourent, je laisse mes enfants avoir leur propres terrains d expressions, tout en les respectant.

Et je n' ai aucune envie de me retrouver face a cette cicatrice.
Je fuis. oui.
Je recouvre cette cicatrice d un mouchoir.
Mais au moins, maintenant je sais qu' elle existe.





dimanche 17 septembre 2017

Je n' ai pas appris à tuer...

Aujourd'hui encore, cette petite dame, toute menue, 99 ans au compteur, qui me dit que le grand voyage approche, et que cela lui tarde de prendre un aller sans retour...

Aujourd'hui, encore, ce monsieur, entre deux ages, ni jeune, ni vieux, qui sait que la fin est à la porte, et qui me demande de le faire partir, sans souffrir. 

Aujourd'hui, encore, cette dame qui vient d 'apprendre que "le crabe" la ronge, et qui a peur... pour sa dignité, pour sa lucidité, pour ce qui arrive...

Et moi...

Au début de mes études d 'infirmière, la notion d 'éthique... était un vaste flou, qui ne m' intéressait guère. 
Ethique? pour quoi faire? 
hein? non mais attend moi je suis jeune, pas encore diplomée, et les problèmes de la vie des autres, les dégâts de la maladie, je les ai pas encore trop bien vu... pas connu ça moi encore...


Gerard, louis, Romy, Gilbert, Albertine, Sonia, Marie, Lucie, Elise, Henriette, Lucette, Albert...
Autant de prénoms, de patients, d' êtres humains, qui un jour, ont craint de perdre leur dignité, leur lucidité, leur capacité de choisir la fin qu'ils voulaient. 

Et moi... Maintenant, je suis maman, femme, j' ai accompagné tant de malades dans leurs derniers instants que j' ai arreté de les compter. J' ai tant pleuré que parfois je me demande si il est normal pour une infirmière d 'être aussi sensible...Et d 'un autre côté, mon dieu que je suis fière d 'avoir pu les accompagner, d' avoir pu les rassurer, d' avoir pu aider, juste par ma presence, au "lacher prise" de leurs âmes. Souvent je me surprend à me dire que c 'est une sorte de " cadeau" que me font les patients qui m' attendent pour partir. 

Et puis, alors que j' avale les kilomètres, de Alain à Raymonde, je me dis que cette question Ethique, est maintenant pour moi, l' une des questions les plus fondamentales de ma vie d 'infirmière. 
Et je me dis, même si tu voulais, les aider d 'une autre façon... le ferais tu?
Et je me demande si malgré ces moments privilégiés que nous partageons, d' humains à humains, d' âme à âme, cela me donne t il le droit d 'avoir ce pouvoir là sur la vie humaine? 

Et je me résigne... 
Non, 

Je n' ai pas appris à tuer. 

J' ai juste appris à aimer... envers et contre tout, et malgré les difficultés. mais aussi à rester " dans les clous".
J' ai juste appris à respecter les volontés de tous ceux que j' ai pu accompagner... j' ai appris la douceur, la patience, l' empathie. 
Mais pas à tuer. 

Même si la délivrance, la liberté de pouvoir choisir la manière dont on veux mourir est devenue pour moi une liberté humaine fondamentale. 
Je ne crois pas que je serais capable de pouvoir aider moi même à le faire. 
Je ne sais pas si je pourrais supporter le fardeau d 'avoir ce "pouvoir" dans les mains.

Je n' ai pas appris à tuer.


Et pourtant, il serait peut etre temps que cette liberté humaine soit reconnue...




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